Hussien Mehaidli : congédié après avoir critiqué son cadeau

Hussien Mehaidli : congédié après avoir critiqué son cadeau

En décembre 2020, Hussien Mehaidli, un employé canadien de Fastenal, reçoit un cadeau de Noël qu’il juge décevant : un grattoir à BBQ en bois et une bouteille de sauce barbecue. Frustré, il critique publiquement son employeur sur Twitter. Quelques jours plus tard, il est congédié. L’affaire, d’abord anodine, deviendra une leçon sur les réseaux sociaux, la gestion interne des plaintes et les dommages réputationnels qu’une entreprise peut s’infliger elle-même.

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Introduction

Un cadeau de Noël d’entreprise peut sembler banal.

Un geste symbolique.

Une attention.

Un petit merci offert aux employés avant le congé des Fêtes.

Mais en décembre 2020, une simple bouteille de sauce BBQ a déclenché une controverse qui a coûté son emploi à un travailleur canadien et attiré l’attention des médias nord-américains sur son employeur.

L’histoire montre à quel point une décision disciplinaire peut parfois causer beaucoup plus de dommages qu’un commentaire publié sur les réseaux sociaux.

Un cadeau de Noël décevant

Mehaidli n’apprécia guère ce présent, surtout venant d’une entreprise ayant déclaré un chiffre d’affaires de 5,2 milliards de dollars en 2012. Sans réfléchir, il partagea son mécontentement sur un compte Twitter qu’il utilisait habituellement pour suivre l’actualité et le sport. Son compte était anonyme et par conséquent, il ne craignait guère les remontrances de son employeur.

Il publia donc le message suivant en prenant soin de taguer les comptes canadien et américain de l’entreprise : « Quel genre d’entreprise multimilliardaire offre à ses employés canadiens de la sauce barbecue comme cadeau de Noël ? D’autant plus que les employés américains ont reçu une boîte remplie de produits alimentaires ».

Il s’insurgea également contre la lettre du PDG qui accompagnait le présent et qui encourageait les employés à partager son contenu. Il écrivit : « PARTAGER QUOI??!! MA SAUCE BARBECUE? A tous les employés canadiens de Fastenal, je suis désolé que vous ayez à subir cela. »

Un appel téléphonique qui sème l’inquiétude

Au lendemain de ces tweets, Mehaidli reçut un appel téléphonique de son supérieur. Ce dernier commença la conversation en l’appelant non pas par son prénom, mais par le surnom qu’il utilisait sur Twitter et qui devait lui garantir l’anonymat. L’entreprise savait donc qu’il était l’auteur des messages publié la veille sur le réseau social.

Comment était-ce possible? Après avoir publié les messages, Mehaidli réalisa qu’il avait auparavant tweeté une photo de lui achetant des billets pour un événement de la WWE à Vancouver. L’image montrait son visage, son ordinateur et son lieu de travail en arrière-plan, ce qui permettait de l’identifier. Il supprima lesdits messages après avoir réalisé son erreur, mais il était de toute évidence trop tard.

Mehaidli présenta ses excuses

Mehaidli expliqua à son supérieur qu’il était désolé et qu’il avait depuis supprimé les messages, ce qui sembla calmer le jeu. Il croyait toute cette histoire derrière lui, mais dix jours plus tard, il reçut une convocation pour une rencontre où il fut congédié sur le champ.

Il déclara que son supérieur lui avait mentionné qu’il s’était porté à sa défense, tout comme le vice-président régional, mais sans succès. Le siège social aux États-Unis exigeait son départ pour violation de la politique sur les normes de conduite. Complètement atterré, Mehaidli raconta son histoire à CTV News Edmonton.

Le PDG de Fastenal s’en mêle

Celle-ci se rendit jusqu’aux oreilles de Dan Flirness, PDG de Fastenal. Ce dernier admit que la réaction avait peut-être été excessive, mais qu’elle était tout à fait légale. Il déclara également avoir fait parvenir une vidéo aux employés canadiens dans laquelle il expliquait que la sauce barbecue et le grattoir valaient 27 dollars, et que les employés américains avaient reçu un cadeau d’une valeur similaire.

Quant à Mehaidli, il ne reçut aucune indemnité de départ, ce qui pourrait être contesté selon Richard Johnson, un avocat spécialisé en droit du travail interviewé par CTV News Edmonton. Ce dernier mentionna également qu’il rencontrait fréquemment ce genre de situation.

« Les gens utilisent les médias sociaux pour parler de leur mauvaise journée, de ce que font leurs supérieurs, de la politique interne au travail. Et l’une des grandes questions est de savoir si l’employeur est nommé dans les messages et si cela l’embarrasse et le diminue aux yeux du public. Les employés doivent donc être très prudents à cet égard. »

Des dommages collatéraux pour Get Sauced & Spiced Inc.

Mehaidli n’est pas le seul a avoir souffert dans cette histoire. Get Sauced & Spiced Inc., le fabricant de ladite sauce BBQ, est une victime collatérale. Gary Lalonde, propriétaire de l’entreprise basée à Edmonton, déclara à CTV News Edmonton :

« Toute cette visibilité n’a pas été bonne pour nous. Des gens font des commentaires négatifs sur Twitter et Facebook, pensant que nous sommes la raison pour laquelle ce monsieur a été congédié. […] les gens ne lisent pas l’article en entier. Plusieurs personnes affirment qu’elles vont nous boycotter. »

La réputation de Fastenal est écorchée

La réputation de Fastenal a également été écorchée. La nouvelle a été reprise dans de nombreux médias à travers l’Amérique du Nord, faisant mal paraître l’entreprise. Cette dernière aurait eu intérêt à régler cette histoire à l’interne, d’autant plus que le compte Twitter de Mehaidli n’était suivi que par très peu de gens.

À titre indicatif, Mehaidli n’avait pas l’intention d’essayer ladite sauce BBQ.

Conclusion

L’histoire de Hussien Mehaidli rappelle deux leçons importantes.

Pour les employés, les réseaux sociaux ne sont jamais totalement privés, même lorsqu’un compte semble anonyme. Une publication impulsive peut avoir des conséquences professionnelles réelles.

Pour les entreprises, la réponse à une critique doit être proportionnelle au problème. Une plainte maladroite peut être corrigée. Un congédiement mal perçu peut devenir une crise de réputation.

Dans cette histoire, le vrai problème n’était peut-être pas la sauce BBQ.

C’était la manière dont l’entreprise a choisi de gérer l’insatisfaction d’un employé.

Ce qu’il faut retenir

  • Hussien Mehaidli travaillait pour Fastenal depuis 2013.
  • Il a critiqué sur Twitter un cadeau de Noël composé d’un grattoir à BBQ et d’une sauce barbecue.
  • Son compte semblait anonyme, mais il a été identifié à partir d’anciennes publications.
  • Il a été congédié quelques jours plus tard.
  • Le PDG de Fastenal a reconnu que la réaction avait peut-être été excessive.
  • Le fabricant de la sauce BBQ a subi des critiques injustifiées.
  • L’affaire a nui à la réputation de Fastenal plus que le tweet initial.

Tableau synthèse

ÉlémentDétail
EmployéHussien Mehaidli
EntrepriseFastenal
LieuColombie-Britannique
Année2020
Cadeau reçuGrattoir à BBQ et sauce BBQ
RéactionCritique sur Twitter
ConséquenceCongédiement
Victime collatéraleGet Sauced & Spiced Inc.
Leçon principaleRéseaux sociaux et gestion proportionnée des plaintes

FAQ

Pourquoi Hussien Mehaidli a-t-il été congédié?

Il a été congédié après avoir critiqué publiquement sur Twitter le cadeau de Noël offert par son employeur, Fastenal.

Quel cadeau avait-il reçu?

Un grattoir à BBQ en bois portant le logo de Fastenal ainsi qu’une bouteille de sauce barbecue.

Son compte Twitter était-il anonyme?

Oui, mais l’entreprise a pu l’identifier grâce à une ancienne publication où son visage et son lieu de travail étaient visibles.

Fastenal a-t-elle reconnu une erreur?

Le PDG Dan Florness a reconnu que la réaction avait peut-être été excessive, tout en affirmant qu’elle était légale.

Pourquoi le fabricant de sauce BBQ a-t-il été touché?

Certains internautes ont cru à tort que Get Sauced & Spiced Inc. était responsable du congédiement et ont menacé de boycotter l’entreprise.

Sources principales : 

Employee who got $6 BBQ sauce as holiday gift says he was fired for angry tweet, ctvnews.ca, 3 janvier 2020

‘They should have the facts’: An Edmonton BBQ sauce maker says it is being blamed for a man’s firing by a different company, edmonton.ctvnews.ca, 4 janvier 2020

CEO of company that fired employee over BBQ sauce tweet: ‘Calmer heads didn’t prevail’, ctvnews.ca, 7 janvier 2020

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Cet article est adapté d’un épisode de mon balado Drôles d’affaires, un podcast québécois qui raconte les histoires les plus étranges, inspirantes et captivantes du monde des affaires.

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