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L’histoire du kidnapping de Freddy Heineken

Dans cet épisode, je vous raconte l’histoire du kidnapping de Freddy Heineken, petit-fils du fondateur de la brasserie du même nom. Bonne écoute!

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Le 9 novembre 1983, Freddy Heineken, petit-fils du fondateur de la brasserie du même nom, quitte son bureau d’Amsterdam après une longue journée de travail. Il s’attend à être accueilli par son chauffeur de longue date, Ab Doderer, mais se retrouve nez à nez avec des hommes armés qui le forcent à monter à bord d’une camionnette de livraison en compagnie de Doderer.

Heineken était l’un des hommes les plus riches d’Europe qui avait fait de la brasserie familiale une entreprise mondiale valant plusieurs milliards de dollars. Il ignorait à l’époque que son manoir, son bureau et sa routine quotidienne étaient surveillés depuis plusieurs mois par une bande de criminels.

Qui sont les criminels responsables de l’enlèvement de Freddy Heineken

Cor van Hout, Willem Holleeder, Frans Meijer, Jan Boellaard et Martin Erkamps se connaissaient depuis de nombreuses années, soit depuis l’adolescence pour la plupart d’entre eux. Originaires d’un quartier difficile de la capitale néerlandaise, ils avaient planifié le kidnapping du milliardaire avec soin, lequel devait leur rapporter plusieurs millions de dollars.

Van Hout était le cerveau de la bande. Il brassait des affaires dans le secteur de la construction et de l’immobilier et menait des activités louches. La police néerlandaise soupçonne d’ailleurs que les transactions immobilières et les affaires de van Hout n’étaient qu’une couverture pour l’implication de son gang dans une série de vols à main armée non résolus.

Le motif derrière l’enlèvement de Freddy Heineken

Avant l’enlèvement de Heineken, les Pays-Bas n’avaient pratiquement pas été touchés par la vague d’enlèvements très médiatisés motivés par le profit et la politique qui avait sévi en Europe au cours de la décennie précédente. Van Hout affirma que lui et ses complices avaient commencé à chercher à faire un coup d’argent après qu’une récession économique ait frappé le pays et mise en péril leur rythme de vie effrénée.

La bande de criminels a dès lors commencé à parcourir la section affaires de la presse néerlandaise à la recherche de cibles. La victime parfaite devait être très riche et être en mesure de payer une rançon rapidement, laquelle leur assurerait une sécurité financière pour le restant de leurs jours.

Pourquoi cibler Freddy Heineken

Heineken était déjà dans le collimateur des hommes pour des raisons autres que sa richesse démesurée. Van Hout raconta qu’enfant, il regardait furtivement la Mercedes-Benz du magnat de la bière, et le père de son ami et acolyte Holleeder avait travaillé plusieurs années pour la brasserie avant d’être licencié.

Après avoir choisi Heineken comme cible, les hommes ont trinqué avec du champagne Dom Pérignon lors d’une soirée du Nouvel An et ont mis en œuvre leur plan pour piéger le milliardaire. Van Hout parlera plus tard de la préparation minutieuse de l’enlèvement, le gang ayant constitué un arsenal de pistolets et mitraillettes, une flotte de six voitures volées et une série de mesures destinées à tromper les policiers.

Une fois dans la camionnette, Heineken et Doderer ont été emmenés dans un entrepôt d’Amsterdam où un faux mur avait été construit pour contenir deux cellules. Ils firent dépouillés de leurs vêtements et de leurs effets personnels et enchaînés dans les minuscules pièces. L’enlèvement qui devait initialement durer 48 heures dura finalement 21 jours.

La rançon 

Les ravisseurs fêtèrent leur coup d’éclat puis reprirent leurs activités habituelles afin de ne pas éveiller les soupçons. Ils déposèrent une enveloppe contenant la montre de Heineken, les papiers de Doderer et une demande de rançon dans un poste de police.

Une fois l’argent amassé, la police devait signaler que la rançon était prête en publiant une annonce dans un journal néerlandais, laquelle se lisait comme suit : « La prairie est verte pour le lièvre ».

Ce n’est qu’après avoir repéré l’annonce que les ravisseurs donnèrent leurs indications pour la remise de l’argent. Un message enregistré de Heineken et Doderer provenant d’une cabine téléphonique dirigea la police vers la première d’une série de directives.

Des événements brouillent les cartes des ravisseurs

Le plan était presque parfait. Il a toutefois été déjoué par des événements indépendants de la volonté du gang et de la police. Les kidnappeurs ont exigé qu’un policier non armé transporte la rançon dans une camionnette depuis le domicile de Heineken, mais la mêlée de journalistes entourant la propriété a rendu la chose impossible.

Quelques jours ont passé avant que les deux clans ne reprennent contact par le biais d’annonces codées dans les journaux. Entre-temps, les enquêteurs reçurent des renseignements de la part d’un informateur anonyme. Ceci leur a permis de mettre le gang sous surveillance et d’identifier l’entrepôt dans lequel les otages se trouvaient.

Un deuxième scénario

Les ravisseurs ont quant à eux profité de l’accalmie pour élaborer un deuxième scénario. Un policier devait dans un premier temps monter dans une voiture avec la rançon. Alors qu’il se trouvait sur une autoroute, ils lui indiquèrent par talkie-walkie de s’arrêter sur un pont et de jeter le butin dans un collecteur d’eau pluviale identifié par un cône de signalisation.

Une camionnette, qui se trouvait sous le pont, récupéra les sacs d’argent et prit le large. Le gang se rendit dans une zone boisée d’Amsterdam pour y enterrer l’argent dans des barils. Ils prirent ensuite la fuite… à bicyclette. Ce n’est que le lendemain qu’ils s’aperçurent qu’ils étaient sous surveillance policière.

Inquiets, ils organisèrent une rencontre d’urgence pour établir un plan. Le gang était cependant divisé. Certains souhaitaient fuir les Pays-Bas alors que d’autres souhaitaient rester. Meijer décida de rester, tandis que Van Hout et Holleeder choisirent la fuite.

Freddy Heineken est retrouvé sain et sauf

Sans nouvelles des ravisseurs, la police prit finalement la décision de faire une descente dans l’entrepôt qu’elle surveillait. Elle y découvrit le faux mur ainsi que les cellules contenant les deux otages. À leur arrivée, Heineken aurait dit aux policiers « Vous n’auriez pas pu venir un peu plus tôt? »

Le gang prit soin de récupérer l’équivalent de 2,5 millions de dollars américains, soit environ le quart du butin, avant de disparaître. Le reste de l’argent fut récupéré par les autorités après que des promeneurs aient découverts le butin enterré.

Les ravisseurs font face à la justice

Les ravisseurs ont finalement fait face à la justice. Jan Boellaard a été condamné à 12 ans de prison pour son rôle dans l’enlèvement. Il purgea une autre décennie de prison pour le meurtre d’un agent frontalier néerlandais en 1994.

Frans Meijer s’est rendu à la police après avoir prétendument brûlé sa part de la rançon sur une plage. Il s’est échappé d’un établissement médical après avoir feint une maladie mentale et s’est réfugié au Paraguay.

Il a finalement été extradé vers les Pays-Bas en 2002 après une longue bataille juridique. Il fut atteint par balle par la police néerlandaise en 2018 alors qu’il tentait de dévaliser un fourgon blindé de transport de fonds et fut reconnu coupable et condamné à trois ans de prison pour ce crime.

Le plus jeune membre du gang, Martin Erkamps, âgé de seulement 21 ans au moment des faits, a été condamné à neuf ans d’emprisonnement. Il a ensuite été arrêté en 1996 pour trafic de drogue en Espagne et a disparu de la sphère publique jusqu’à ce qu’un différend avec des investisseurs fasse la une de la presse locale au Panama.

La cavale est terminé pour Van Hout et Holleeder

Van Hout et Holleeder furent retrouvés après quelques années de cavale en France. Ils furent extradés et finalement condamnés pour l’enlèvement en 1987.

En 2003, Van Hout fut criblé de balles devant un restaurant d’Amsterdam. Il était très impliqué dans le crime organisé et avait survécu à deux précédentes tentatives d’assassinat. Holleeder, qui était autrefois le meilleur ami de Van Hout et son beau-frère (sa sœur Sonja était mariée à Van Hout) est celui qui aurait commandé son assassinat.

Un procès qui dura quatre ans

Le procès pour ce meurtre dura quatre ans, soit de 2015 à 2019. On y apprit notamment que Holleeder avait appelé sa sœur la nuit du meurtre pour réclamer l’or détenu par Van Hout, qui, à son insu, serait utilisé pour payer les tueurs de son mari. Un moment crucial du procès a eu lieu lorsque la cour a entendu des enregistrements secrets réalisés par les sœurs de Holleeder dans lesquels il menaçait de tuer Sonja et ses enfants.

Surnommé « Le Nez » en raison de la taille conséquente de son nez, Holleeder fut reconnu coupable d’avoir organisé le meurtre de van Hout en juillet 2019. Lors du même procès, Holleeder fut également reconnu coupable des meurtres de Thomas Van der Bijl, lequel l’aurait aidé à blanchir le reste de l’argent de la rançon dans l’immobilier et les bordels, et de trois autres hommes liés au crime organisé néerlandais. Holleeder a toujours nié les accusations et ses avocats ont fait appel de sa condamnation en 2019.

Quant à Heineken, il créa une société de sécurité composée d’anciens policiers chargés de protéger sa famille et de traquer les kidnappeurs en fuite. Il fortifia sa maison et fit blinder sa voiture. Il continua de diriger la brasserie en tant que président jusqu’en 1989 et resta impliqué dans l’entreprise jusqu’en 2001. Il rendit l’âme quelques mois plus tard, soit le 3 janvier 2002.

Sources 

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