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La fois où on a trouvé du cyanure dans des flacons de Tylenol

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Le 29 septembre 1982, une fillette de 12 ans meurt subitement. Pratiquement au même moment, une mère de quatre enfants subit le même sort, tout comme un postier du nom d’Adam Janus. Les proches de ce dernier, qui se sont réunis à son domicile pour se réconforter, sont convaincus que la cause du décès est due à un problème cardiaque.

La dépouille d’Adam vient à peine de quitter les lieux à bord d’une ambulance lorsque son frère Stanley s’écroule au sol devant les membres de sa famille incrédules. Ses yeux sont reversés et de l’écume sort de sa bouche. Puis c’est au tour de sa femme Theresa de subir le même sort. C’est donc trois membres de la famille Janus qui vont mourir de façon inexpliquée en l’espace de quelques heures.

Du cyanure est retrouvé dans des flacons de Tylenol

Les autorités locales mettent rapidement la maison en quarantaine. Ils font ensuite venir Helen Jensen, l’infirmière du village, afin qu’elle puisse investiguer. Elle comprend rapidement que le Tylenol est en cause dans cette histoire puisque les trois victimes en ont consommé peu avant leur décès. Au total, ce sont sept personnes de la région de Chicago qui perdront la vie dans des circonstances similaires.

On découvre rapidement que les décès sont dus à l’absorption de cyanure. La piste du sabotage en usine étant écartée, du fait de la proximité géographique des décès, reste celle d’un fou ayant retiré, trafiqué au cyanure puis replacé dans les rayons des flacons de Tylenol.

L’alerte est donnée par les autorités et une atmosphère de panique générale s’installe dans la population. Les centres de contrôle d’empoisonnement sont pris d’assaut. Les consommateurs veulent se faire rembourser leurs bouteilles de Tylenol ou les échanger contre un produit concurrent.

Une gestion de crise exemplaire

Sept morts : de quoi plomber à jamais Johnson & Johnson, l’un des leaders mondiaux du secteur de la santé et propriétaire de la marque Tylenol. Mais James Burke, alors PDG de l’entreprise, gère la crise de main de maître. Il arrête aussitôt la production de Tylenol et suspend la publicité et les promotions.

Le 5 octobre 1982, il retire des tablettes 31 millions de flacons de Tylenol, ce qui représente une perte de plusieurs dizaines de millions de dollars pour l’entreprise. Il achète des spots publicitaires à la télévision et dans la presse écrite pour dissuader la population de consommer du Tylenol. La priorité est de protéger le public et non le portefeuille des actionnaires.

Au final, c’est plus de 1,5 million de flacons qui sont analysés. De ce nombre, trois démontreront la présence de cyanure. L’entreprise va évidemment perdre d’importantes parts de marché au profit de ses compétiteurs. Mais la gestion quasi parfaite de la crise par Burke va limiter les dégâts. D’ailleurs, Tylenol récupérera environ 70% de ses parts de marché dès le début de l’année suivante.

Des flacons de Tylenol plus sécuritaires

Ces événements ont permis de mettre en place des actions pour diminuer les risques de récidive. La Food and Drug Administration (FDA) a par exemple adopté une réglementation sur les emballages des médicaments en vente libre.

Johnson & Johnson a quant à elle développé un emballage beaucoup plus sécuritaire. Depuis ce temps, les comprimés de Tylenol sont vendus dans une boîte à rabats collés. Quant au flacon, on y a ajouté une bande de plastique autour du bouchon ainsi qu’une feuille d’aluminium pour sceller ce dernier adéquatement.

Notons également que Johnson and Johnson a par la suite préconisé l’utilisation de comprimés solides au lieu de capsules remplies de poudre, comme celles qui avaient été remplies de cyanure. En 1983, le Congrès a également adopté une loi faisant de l’altération des médicaments et autres biens de consommation un crime fédéral.

Encore du cyanure dans des flacons de Tylenol

L’entreprise Johnson and Johnson n’était cependant pas au bout de ses peines malgré toutes ces mesures. En 1986, Diane Elsrot, une jeune femme de 23 ans, meurt subitement après avoir consommé du Tylenol. Le cyanure est encore une fois en cause. L’entreprise doit gérer une deuxième crise en moins de cinq ans.

La priorité demeure la sécurité du public. L’entreprise cesse à nouveau ses campagnes de publicité et procède au rappel de ses produits, mais surtout, elle annonce qu’elle ne vendra plus de médicaments sous forme de capsules et qu’elle produira uniquement des comprimés solides.

Elle invite d’ailleurs les consommateurs à échanger gratuitement leurs flacons de capsules contre un contenant des comprimés solides. Plus de 200 000 personnes vont procéder au changement dans les jours suivants. Au milieu de 1986, l’entreprise avait réussi à conserver 90% de ses parts de marché, et ce, en grande partie grâce à la façon dont elle a géré cette crise.

À noter qu’à ce jour, le ou les responsables de ces crimes odieux courent toujours. Seul un homme, James Lewis, a été condamné dans cette affaire, mais pour extorsion. Ce dernier a eu la brillante idée d’envoyer une lettre à Johnson and Johnson dans laquelle il réclamait un million de dollars pour cesser de tuer des gens. Ce geste lui a valu douze ans d’emprisonnement.

Lewis est sorti de prison en 1995. Il a toujours nié être l’auteur des meurtres.

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Sources :

How an unsolved murder mystery changed our pill bottles, cnn.com, 24 août 2018

L’éthique ou le profit, Michel Dion, La Corporation des Éditions Fides, 1992

Médicaments trafiqués : les cas précédents, lefigaro.fr, 19 juin 2013

Le FBI rouvre une enquête sur des médicaments empoisonnés en 1982, lapresse.ca, 5 février 2009