Un sondage de la Banque TD révélait que 74 % des Canadiens estiment que la meilleure façon pour une entreprise de démontrer son appréciation est simplement d’offrir un bon service. Pourtant, plusieurs organisations investissent des millions en publicité tout en négligeant l’essentiel : la qualité des interactions avec leurs clients. À travers les exemples de Bell, Zappos et Disney, voici pourquoi le service à la clientèle demeure l’un des plus puissants leviers de fidélisation.
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Cet article est adapté d’un épisode de mon podcast Drôles d’affaires. Utilisez le lecteur ci-dessous pour écouter cet épisode ou choisissez votre plateforme préférée parmi les options proposées.
Introduction
Les entreprises cherchent constamment de nouvelles façons d’attirer l’attention des consommateurs.
Elles investissent dans la publicité, les promotions, les campagnes numériques et les programmes de fidélisation.
Mais lorsqu’on demande aux clients ce qu’ils souhaitent vraiment, la réponse est souvent beaucoup plus simple.
Ils veulent être bien servis.
En 2007, un sondage de la Banque TD mené auprès de 1 000 Canadiens révélait que 74 % des répondants considéraient qu’un bon service était la meilleure façon pour une entreprise de démontrer son appréciation.
Cette réponse devrait faire réfléchir toutes les organisations.
Une seule expérience peut tout changer
Le même sondage confirmait une réalité bien connue : une seule expérience peut suffire à renforcer ou à détruire la relation entre un client et une entreprise.
Jean-Marc Léger rappelle d’ailleurs dans L’entreprise infidèle quelques statistiques éloquentes :
91 % des clients insatisfaits ne reviennent pas.
96 % des consommateurs insatisfaits ne portent pas plainte.
Chaque plainte reçue représenterait donc environ 25 clients insatisfaits.
Un client mécontent en parle en moyenne à 13 personnes, alors qu’un client satisfait en parle à environ 5.
Et ces chiffres datent d’avant l’explosion des réseaux sociaux. Aujourd’hui, une mauvaise expérience peut être partagée à des centaines, voire des milliers de personnes en quelques minutes.
L’exemple de Bell Canada
Malheureusement, plusieurs entreprises investissent des sommes considérables en publicité alors que leur service à la clientèle demeure déficient.
Bell Canada en est un exemple souvent cité.
Malgré sa taille, ses moyens financiers et son statut de grande entreprise canadienne, Bell a régulièrement fait les manchettes pour des plaintes liées à son service à la clientèle.
Le cas présenté à La facture
En 2005, l’émission La facture, diffusée à Radio-Canada, présente le cas de Daniel, un client de Bell qui tente depuis des mois de régler une erreur de facturation.
Après un déménagement, il reçoit une facture de 34,85 $ pour un service Internet qu’il n’utilise pas.
Daniel est abonné à un concurrent depuis plusieurs années.
Après l’intervention de l’émission, on découvre qu’une erreur de frappe d’un agent de Bell a fait en sorte que Daniel payait la facture d’un autre abonné depuis sept mois.
Durant cette période, il avait appelé Bell à quatre reprises, chaque fois pendant environ une heure.
Chaque fois, on lui promettait que le problème serait réglé.
Chaque fois, l’erreur revenait.
Lors du reportage, Daniel appelle Bell une cinquième fois, à 1 h 52 du matin, dans l’espoir d’éviter l’attente.
L’appel dure 71 minutes.
On lui répète encore une fois que le problème est réglé.
Cette histoire illustre un problème majeur : ce n’est pas seulement l’erreur initiale qui irrite le client, mais l’incapacité répétée de l’entreprise à la corriger.
Jean-François Mercier et Bell Mobilité
En 2007, Bell fait de nouveau les manchettes lorsque l’humoriste Jean-François Mercier publie une vidéo pour dénoncer son expérience avec Bell Mobilité.
Il raconte ses difficultés à obtenir un crédit de 100 $ auquel il estime avoir droit, en plus de dénoncer l’attitude des employés.
La vidéo devient virale et accumule plus d’un million de visionnements sur YouTube.
Des centaines d’internautes partagent ensuite leurs propres mauvaises expériences avec l’entreprise.
Ce phénomène est particulièrement dangereux pour une marque.
Une plainte individuelle devient alors une preuve collective.
Chaque commentaire négatif renforce la perception que le problème n’est pas isolé, mais systémique.
Quand la réputation devient un frein à la vente
En 2009-2010, le Commissaire aux plaintes relatives aux services de télécommunication reçoit 1 428 plaintes contre Bell Canada.
En 2011-2012, ce nombre grimpe à 2 749.
Et ces chiffres excluent les plaintes déposées directement auprès de l’entreprise.
En 2016, un sondage du magazine Protégez-Vous auprès de 3 000 lecteurs classe Bell parmi les pires services à la clientèle dans le secteur des télécommunications.
Le magazine souligne notamment la lenteur du service, son inefficacité et l’incapacité des agents à régler les problèmes de façon satisfaisante.
Cette réputation nuit inévitablement à l’entreprise.
Même si Bell investit des millions en publicité, une perception négative persistante peut freiner l’acquisition de nouveaux clients et fragiliser la relation avec les clients existants.
Les Grandes Gueules s’en mêlent
Cette perception est devenue si répandue qu’en 2012, le duo d’humoristes Les Grandes Gueules en a fait un sketch à la radio.
Le sketch faisait référence à l’acquisition d’Astral par Bell.
L’un des personnages y disait notamment qu’il avait appelé le service à la clientèle de Bell pour confirmer la nouvelle, après avoir attendu 45 minutes.
L’humour fonctionne parce qu’il s’appuie sur une perception déjà partagée par une partie du public.
Quand une entreprise devient une blague populaire, elle a un sérieux problème de réputation.
L’exemple opposé : Zappos
À l’opposé, Zappos a bâti sa réputation sur un service à la clientèle exceptionnel.
Sous la direction de Tony Hsieh, l’entreprise est devenue un chef de file mondial de la vente de chaussures en ligne.
Son chiffre d’affaires est passé de 1,6 million de dollars en 1999 à plus d’un milliard de dollars en 2008.
Zappos offre l’expédition gratuite, une politique de retour de 365 jours et un service à la clientèle disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Mais surtout, les employés ne sont pas prisonniers de scripts rigides.
Ils ont la liberté de prendre le temps nécessaire avec les clients.
Un appel de plus de 10 heures
Le 10 décembre 2012, un employé de Zappos discute avec un client pendant 10 heures et 29 minutes.
Le client se sent seul et souhaite simplement parler.
L’appel se termine finalement par la vente d’une paire de bottes.
Dans plusieurs entreprises, un tel appel aurait déclenché une réprimande.
Chez Zappos, il devient plutôt une preuve de l’engagement de l’entreprise envers ses clients.
Jeffrey Lewis, porte-parole de Zappos, explique alors que la première valeur de l’entreprise est de livrer un service exceptionnel.
Permettre aux employés de parler avec les clients aussi longtemps que nécessaire permet justement de respecter cette valeur.
La leçon de Walt Disney
La réponse à la question « comment offrir un bon service à la clientèle? » se trouve peut-être dans une anecdote impliquant Walt Disney.
Un jour, un gardien aurait tenté d’empêcher Lillian Disney, l’épouse de Walt, d’entrer sur le site de Disneyland.
Walt Disney aurait alors convoqué le personnel pour rappeler une règle essentielle : chaque visiteur devait être traité comme un invité personnel de M. et Mme Disney.
Cette idée résume tout.
Un bon service à la clientèle, ce n’est pas seulement répondre à une demande.
C’est traiter chaque client comme une personne importante.
Transformez votre service à la clientèle en avantage concurrentiel
Depuis plus de 15 ans, j’étudie les entreprises reconnues pour offrir une expérience client exceptionnelle. Au fil de mes recherches, j’ai analysé des dizaines d’études, décortiqué les meilleures pratiques d’organisations comme Disney, Ritz-Carlton, Apple, LEGO et Zappos, et recueilli des centaines d’histoires vraies provenant d’entreprises de partout dans le monde.
Ces recherches m’ont permis d’identifier sept principes fondamentaux que je présente dans ma conférence Au-delà des attentes – Les 7 commandements d’un service à la clientèle cinq étoiles. À travers des histoires marquantes, des études crédibles, des exemples concrets et des stratégies immédiatement applicables, j’aide les organisations à mobiliser leurs équipes et à faire du service à la clientèle un véritable avantage concurrentiel.
Au fil des ans, j’ai eu le privilège de sensibiliser et de former des milliers de gestionnaires et d’employés partout au Québec grâce à cette conférence. Ma mission est d’aider les organisations à transformer chaque interaction avec leurs clients en une occasion de se démarquer, de fidéliser et de bâtir une réputation qui devient un puissant moteur de croissance.
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Pour aller plus loin sur le service à la clientèle
Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous invite à découvrir mon livre Au-delà des attentes, dans lequel je présente en détail les sept commandements d’un service à la clientèle cinq étoiles, accompagnés d’outils pratiques pour passer rapidement de la théorie à l’action.
Vous pouvez également explorer ma section Service à la clientèle, qui regroupe des dizaines d’articles. Je vous recommande notamment :
- Comment se démarquer de ses concurrents
- Les 7 erreurs les plus fréquentes en service à la clientèle
- 7 raisons de faire du service à la clientèle une priorité stratégique
Au final, un excellent service à la clientèle ne se limite pas à satisfaire les clients. Il les incite à revenir, à vous recommander et à devenir vos meilleurs ambassadeurs.
Conclusion
Les entreprises n’ont pas toujours besoin de grandes campagnes publicitaires pour démontrer leur appréciation.
Elles doivent d’abord bien servir leurs clients.
Bell illustre les conséquences d’un service qui frustre, épuise et nourrit une mauvaise réputation.
Zappos démontre au contraire qu’un service exceptionnel peut devenir une marque de commerce.
Et Disney rappelle la règle la plus simple de toutes : traiter chaque client comme un invité personnel.
Les entreprises qui comprennent cette leçon ne fidélisent pas seulement des clients.
Elles créent des ambassadeurs.
Ce qu’il faut retenir
- 74 % des Canadiens estiment qu’un bon service est la meilleure façon de se sentir appréciés par une entreprise.
- Une seule expérience peut renforcer ou détruire la relation avec une marque.
- La majorité des clients insatisfaits ne portent pas plainte.
- Une mauvaise expérience peut rapidement se propager, surtout avec les réseaux sociaux.
- Bell Canada illustre les risques d’un service à la clientèle déficient.
- Zappos démontre qu’un service exceptionnel peut devenir un avantage concurrentiel.
- Le service à la clientèle doit être enseigné, répété et intégré à la culture d’entreprise.
Tableau synthèse
| Entreprise | Leçon |
|---|---|
| Banque TD | Les clients veulent d’abord un bon service |
| Bell Canada | Un mauvais service peut nuire durablement à la réputation |
| Zappos | Un service exceptionnel peut devenir une marque de commerce |
| Disney | Chaque client doit être traité comme un invité personnel |
FAQ
Pourquoi le service à la clientèle est-il si important?
Parce qu’une seule mauvaise expérience peut suffire à faire perdre un client et à nuire à la réputation d’une entreprise.
Les clients insatisfaits portent-ils toujours plainte?
Non. La majorité ne se plaint pas directement à l’entreprise, mais plusieurs vont simplement partir ou parler négativement de leur expérience.
Pourquoi Zappos est-elle souvent citée en exemple?
Parce que l’entreprise a fait du service à la clientèle une priorité stratégique, notamment avec une politique de retour exceptionnelle et des employés autonomes.
Comment améliorer son service à la clientèle ?
La formation est l’un des moyens les plus efficaces d’améliorer durablement le service à la clientèle. Une conférence permet non seulement de transmettre les meilleures pratiques, mais aussi de sensibiliser l’ensemble des employés à l’importance de chaque interaction avec un client. Dans ma conférence Au-delà des attentes – Les 7 commandements d’un service à la clientèle cinq étoiles, je partage des histoires vraies, des études crédibles et des stratégies concrètes qui aident les organisations à transformer l’expérience client en avantage concurrentiel.
Sources :
Communiqué de presse : La plupart des Canadiens souhaitent que les entreprises les remercient en leur offrant un bon service, révèle un sondage sur la fidélisation de la clientèle de la Banque TD, 9 mai 2007
Jean-Marc Léger, L’entreprise infidèle, 2009, Page 14
Rapport annuel 2009-2010, Commissaire aux plaintes relatives aux services de télécommunication
Rapport annuel 2011-2012, Commissaire aux plaintes relatives aux services de télécommunication
Protégez-Vous juillet 2016 – Service à la clientèle: 3 000 lecteurs dévoilent leurs entreprises préférées, Protegez-vous.ca, 20 juin 2016
Site web de Zappos
Zappos’ 10-Hour Long Customer Service Call Sets Record, huffingtonpost.com, 21 décembre 2012
Albin Michel, Walt Disney : La face cachée du prince d’Hollywood, 1993, page 283

