Vol 5390 de British Airways : le pilote aspiré hors de l’avion

Vol 5390 de British Airways : le pilote aspiré hors de l’avion à 17 000 pieds d’altitude

Le 10 juin 1990, un vol de routine entre l’Angleterre et l’Espagne s’est transformé en l’un des incidents les plus incroyables de l’histoire de l’aviation. À plus de 17 000 pieds d’altitude, le pare-brise du cockpit s’est arraché en plein vol, aspirant le commandant de bord à moitié hors de l’appareil. Ce qui a suivi défie encore aujourd’hui l’imagination.

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Introduction

À première vue, rien ne distinguait le vol 5390 de British Airways des centaines de vols européens qui décollaient chaque jour du Royaume-Uni.

Ce dimanche matin du 10 juin 1990, un BAC One-Eleven quitte Birmingham à destination de Málaga, en Espagne. À bord, 81 passagers prennent place pour un trajet de quelques heures sous le soleil andalou. Les membres d’équipage connaissent parfaitement l’appareil. Les conditions météorologiques sont favorables. Le décollage se déroule sans incident.

Quelques minutes plus tard, pourtant, un bruit assourdissant va déchirer le cockpit et déclencher une chaîne d’événements que personne n’aurait cru possible.

Un équipage expérimenté aux commandes

Aux commandes de l’appareil se trouve le commandant Timothy « Tim » Lancaster, 42 ans. Pilote chevronné, il totalise plus de 11 000 heures de vol, dont plus de 1 000 sur BAC One-Eleven. À sa droite prend place le copilote Alastair Aitchison, lui aussi très expérimenté avec plus de 7 500 heures de vol.

L’équipage de cabine est composé de quatre agents de bord formés aux procédures d’urgence. Pour tous, cette liaison vers l’Espagne s’annonce comme une journée de travail ordinaire.

Une décompression explosive à 17 300 pieds

À 8 h 33, alors que l’avion grimpe à environ 17 300 pieds au-dessus du sud de l’Angleterre, une explosion retentit dans le cockpit.

Le pare-brise situé devant le commandant de bord ne se fissure pas.

Il ne se craquelle pas.

Il s’arrache entièrement du fuselage.

En une fraction de seconde, la différence de pression entre l’intérieur de l’avion et l’air extérieur provoque une décompression explosive. Des documents sont arrachés du cockpit. La porte est projetée vers l’avant. Le bruit devient presque insupportable.

Puis survient l’impensable.

Le commandant est aspiré hors de l’avion

Assis juste derrière le pare-brise disparu, Tim Lancaster est violemment projeté vers l’ouverture.

Son torse, sa tête et ses bras sont immédiatement aspirés à l’extérieur de l’appareil. Son corps est plaqué contre le fuselage par un vent dépassant les 600 km/h. Seules ses jambes demeurent à l’intérieur du cockpit, coincées dans les commandes de vol.

À cette altitude, exposé à un froid extrême, à un manque d’oxygène et à des forces aérodynamiques considérables, ses chances de survie semblent inexistantes.

Le copilote doit sauver l’avion

Pour Alastair Aitchison, la situation est surréaliste.

Devant lui, son commandant vient littéralement de disparaître par la fenêtre du cockpit.

Pourtant, il n’a pas le temps de céder à la panique.

La décompression a provoqué la déconnexion du pilote automatique et l’avion amorce une descente rapide. Aitchison reprend immédiatement les commandes, stabilise l’appareil et entame une descente d’urgence afin de rejoindre une altitude respirable pour les occupants.

Malgré le vacarme et les difficultés de communication, il contacte le contrôle aérien et demande un atterrissage immédiat.

Son calme impressionnera plus tard les enquêteurs et lui vaudra plusieurs distinctions pour son professionnalisme.

Nigel Ogden découvre une scène irréelle

Pendant ce temps, dans la cabine, les passagers vivent des moments de panique.

L’agent de bord Nigel Ogden se dirige vers le cockpit après avoir entendu l’explosion.

Lorsqu’il ouvre la porte, il découvre une scène qu’il décrira plus tard comme totalement irréelle.

Le commandant Lancaster est suspendu à moitié à l’extérieur de l’avion.

Son visage est exposé au vent glacial. Son corps semble inerte.

Ogden croit qu’il est déjà mort.

Mais il refuse de le laisser partir.

Il saisit ses jambes à deux mains et s’agrippe de toutes ses forces. Peu après, d’autres membres de l’équipage viennent l’aider à maintenir le pilote à l’intérieur de l’appareil.

Vingt minutes entre la vie et la mort

Pendant près de vingt minutes, l’équipage maintient Lancaster dans cette position invraisemblable.

Les agents de bord craignent que ses jambes ne cèdent sous la pression.

Ils craignent aussi que son corps ne frappe l’aile, le moteur ou l’empennage si jamais ils le lâchent. Cette éventualité pourrait compromettre le contrôle de l’appareil et condamner les 87 personnes à bord.

Le temps semble suspendu.

Chaque minute ressemble à une éternité.

L’atterrissage d’urgence à Southampton

Finalement, le contrôle aérien dirige le BAC One-Eleven vers l’aéroport de Southampton.

À 8 h 55, l’appareil se pose avec succès sur la piste. Les services d’urgence attendent déjà l’avion.

Lorsque les secouristes atteignent le cockpit, ils découvrent Tim Lancaster toujours coincé dans l’ouverture.

Et surtout, toujours vivant.

Un survivant contre toute attente

Les blessures sont sérieuses.

Lancaster souffre notamment de gelures, de contusions importantes ainsi que de fractures au bras droit, au poignet droit et au pouce gauche. Nigel Ogden, lui aussi blessé, souffrira notamment d’une luxation de l’épaule et développera plus tard un trouble de stress post-traumatique.

Pourtant, contre toute attente, le commandant survivra.

Mieux encore : moins de cinq mois après l’accident, il reprendra les commandes d’un avion commercial.

L’enquête révèle une erreur minuscule aux conséquences gigantesques

L’enquête de l’Air Accidents Investigation Branch (AAIB) révèle rapidement une réalité troublante.

Le pare-brise avait été remplacé seulement 27 heures avant le vol.

Le problème ne provenait pas du pare-brise lui-même.

Il provenait des boulons.

Les enquêteurs découvrent que 84 des 90 vis utilisées étaient légèrement trop petites pour répondre aux spécifications du constructeur. Les six autres possédaient le bon diamètre, mais étaient trop courtes. Sous l’effet de la pressurisation, elles n’ont pas résisté aux forces exercées sur le pare-brise.

L’enquête met également en lumière plusieurs défaillances organisationnelles : absence de vérification indépendante, non-respect des procédures de maintenance et contrôle qualité insuffisant.

Un cas d’école dans le monde entier

Aujourd’hui encore, le vol 5390 est étudié dans les écoles de pilotage, les formations de maintenance aéronautique et les programmes de gestion des ressources de l’équipage.

L’incident illustre à la fois la fragilité des systèmes complexes et l’importance des facteurs humains.

Une erreur presque invisible a failli provoquer une catastrophe.

Mais des professionnels bien formés, capables de garder leur sang-froid dans l’imprévisible, ont empêché le pire.

Conclusion

Le vol 5390 aurait dû être un simple trajet entre Birmingham et Málaga.

Il est devenu l’un des exemples les plus spectaculaires de l’histoire de l’aviation moderne.

Cette histoire rappelle qu’une catastrophe n’est pas toujours provoquée par une panne majeure ou une technologie défaillante. Parfois, elle commence avec une erreur minuscule, presque banale, que personne ne remarque à temps.

Mais elle rappelle aussi autre chose.

Lorsque tout bascule, les procédures comptent.

La formation compte.

Et surtout, les femmes et les hommes qui refusent d’abandonner comptent plus que jamais.

Ce matin-là, dans le ciel britannique, quelques personnes ont refusé de lâcher prise.

Et c’est précisément pour cette raison que 87 personnes sont rentrées chez elles.

Ce qu’il faut retenir

  • Le vol 5390 de British Airways a subi une décompression explosive le 10 juin 1990.
  • Le commandant Tim Lancaster a été partiellement aspiré hors du cockpit à 17 300 pieds d’altitude.
  • Le copilote Alastair Aitchison a réussi à conserver le contrôle de l’appareil.
  • L’agent de bord Nigel Ogden a contribué à sauver la vie du pilote en le maintenant à bord pendant près de vingt minutes.
  • L’enquête a révélé l’utilisation de boulons non conformes lors du remplacement du pare-brise.
  • L’événement demeure un cas d’étude majeur en sécurité aérienne.

Tableau synthèse

ÉlémentDétail
Date10 juin 1990
VolBritish Airways 5390
AppareilBAC One-Eleven 528FL
TrajetBirmingham – Málaga
Passagers81
Équipage6
Altitude de l’incidentEnviron 17 300 pieds
CauseMauvaise installation du pare-brise
RésultatAtterrissage d’urgence réussi à Southampton
VictimesAucune victime mortelle

FAQ

Comment le pilote a-t-il survécu après avoir été aspiré hors de l’avion ?

Grâce à la réaction immédiate de l’équipage, qui l’a maintenu à bord jusqu’à l’atterrissage, ainsi qu’à des circonstances physiologiques exceptionnelles.

Pourquoi le pare-brise s’est-il détaché ?

L’enquête a démontré que des boulons incorrects avaient été utilisés lors d’une opération de maintenance réalisée la veille du vol.

Combien de temps le pilote est-il resté à l’extérieur ?

Environ vingt minutes, jusqu’à l’atterrissage d’urgence à Southampton.

Le copilote a-t-il reçu une distinction ?

Oui. Alastair Aitchison a reçu plusieurs reconnaissances pour son sang-froid et son exceptionnelle maîtrise de la situation.

Tim Lancaster a-t-il repris sa carrière ?

Oui. Il est retourné piloter des avions commerciaux moins de cinq mois après l’accident.

Sources

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Cet article est adapté d’un épisode de mon balado Drôles d’affaires, un podcast québécois qui raconte les histoires les plus étranges, inspirantes et captivantes du monde des affaires.

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