21 novembre 1980, un simple problème électrique déclenche l’une des pires catastrophes hôtelières de l’histoire américaine. Cette tragédie bouleversera l’industrie hôtelière, entraînera des centaines de millions de dollars en pertes et transformera durablement les normes de sécurité incendie partout en Amérique du Nord.
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Il est un peu plus de 7 heures du matin, le vendredi 21 novembre 1980.
À Las Vegas, les casinos sont toujours ouverts.
Les machines à sous continuent de fonctionner, les employés terminent leur quart de travail et des touristes prolongent leur soirée.
Mais dans les étages du MGM Grand, l’un des hôtels les plus prestigieux de la ville, la majorité des clients dorment encore.
Avec ses 26 étages, ses 2 076 chambres, ses restaurants, ses salles de spectacles et son immense casino, le MGM Grand est l’un des plus grands complexes hôteliers au monde.
Inauguré en décembre 1973, il a coûté environ 106 millions de dollars américains.
Ce matin-là, plusieurs milliers de personnes se trouvent à l’intérieur du complexe, dont environ 3 400 clients enregistrés à l’hôtel.
Certaines sont venues jouer au casino.
D’autres assister à un spectacle.
D’autres encore profitent simplement de quelques jours de vacances à Las Vegas.
Personne ne se doute que, dans quelques minutes, une partie de cet immense hôtel va se transformer en véritable piège.
Et le plus terrifiant, c’est que pour la majorité des victimes, le danger ne viendra pas des flammes.
Il viendra de quelque chose qu’elles ne pourront pratiquement pas voir.
7 h 07 — Une découverte inquiétante
Au niveau du casino se trouve un restaurant appelé The Deli.
Ce matin-là, le restaurant est fermé.
Des travailleurs qui se trouvent dans le secteur remarquent quelque chose d’anormal.
Une lumière vacille.
Puis ils découvrent des flammes dans le restaurant.
L’incendie vient d’être découvert.
Il est environ 7 h 07.
Personne ne sait encore exactement ce qui brûle.
Mais le feu prend rapidement de l’ampleur.
Les flammes se propagent aux matériaux combustibles du restaurant, puis gagnent les espaces voisins.
Les revêtements décoratifs, les meubles et les autres matériaux présents dans cette partie du complexe contribuent à alimenter l’incendie.
Et très rapidement, le feu atteint le casino.
Ce qui se produit ensuite est spectaculaire.
Une immense masse de flammes traverse certaines parties du rez-de-chaussée.
Des matériaux fondent.
Des équipements prennent feu.
Une fumée noire et épaisse commence à remplir les espaces.
L’incendie se développe à une vitesse extraordinaire.
Mais dans les étages, de nombreux clients ne savent toujours pas qu’un feu fait rage sous leurs pieds.
Les pompiers sont alertés
Vers 7 h 17, les services d’incendie du comté de Clark reçoivent l’appel signalant le feu.
Les premières équipes arrivent rapidement.
La caserne se trouve tout près de l’hôtel.
Mais à leur arrivée, les pompiers comprennent que la situation est déjà extrêmement grave.
Le casino est envahi par les flammes et la fumée.
Les équipes doivent intervenir dans un immense complexe où se trouvent des milliers de personnes.
Et un autre problème commence à apparaître.
La fumée ne reste pas au niveau du casino.
Elle monte.
Le danger invisible
Dans un incendie, on pense d’abord aux flammes.
On imagine qu’il faut être près du feu pour être en danger.
Mais au MGM Grand, le véritable ennemi est ailleurs.
La fumée produite par l’incendie trouve plusieurs chemins pour atteindre les étages supérieurs.
Elle circule notamment par les cages d’ascenseur, les escaliers, certaines ouvertures verticales et les systèmes de ventilation.
Le bâtiment possède de nombreux passages permettant à l’air de circuler.
Et ces passages deviennent maintenant des voies de propagation pour les gaz toxiques.
La fumée peut ainsi atteindre des étages où il n’y a absolument aucune flamme.
Des étages où des clients sont encore couchés dans leur lit.
Des étages où personne n’a vu le feu.
Mais où l’air devient progressivement irrespirable.
Aucun avertissement général
Plusieurs survivants raconteront ensuite qu’ils n’ont entendu aucune alarme générale les avertissant de l’incendie.
Certains découvrent le danger en sentant la fumée.
D’autres sont réveillés par des cris dans les corridors.
D’autres encore ouvrent simplement la porte de leur chambre.
Et découvrent un mur de fumée.
Le MGM Grand ne possède pas alors le système moderne de détection et d’alarme automatique qu’on s’attendrait aujourd’hui à trouver dans un hôtel de cette taille.
Son système d’alarme présente également de graves vulnérabilités.
Et l’incendie compromet certains équipements essentiels à son fonctionnement.
Résultat : de nombreux occupants ne reçoivent pas d’avertissement suffisamment rapide.
Certains comprennent qu’il y a un problème seulement lorsque la fumée atteint leur étage.
À ce moment, il est parfois déjà trop tard pour emprunter les voies d’évacuation habituelles.
Les corridors deviennent des pièges
Des clients tentent de quitter leur chambre.
Ils se dirigent vers les escaliers.
Mais les corridors sont parfois déjà remplis de fumée.
La visibilité devient extrêmement faible.
Il est difficile de s’orienter.
Et les cages d’escalier ne constituent pas toujours un refuge sûr.
Certaines portes sont problématiques.
Des ouvertures permettent à la fumée de pénétrer dans les voies d’évacuation.
Des occupants essaient de descendre.
D’autres doivent rebrousser chemin.
Certains retournent dans leur chambre.
Ils tentent de bloquer les ouvertures autour de leur porte.
Des survivants racontent avoir utilisé des serviettes mouillées pour ralentir l’entrée de la fumée.
D’autres se dirigent vers les fenêtres ou les balcons pour signaler leur présence.
Mais l’hôtel compte 26 étages.
Et les échelles des pompiers ne peuvent pas atteindre les chambres situées aussi haut.
Pour les personnes coincées dans les étages supérieurs, les possibilités de fuite deviennent extrêmement limitées.
Des victimes loin de l’incendie
C’est l’un des aspects les plus troublants de cette catastrophe.
Les flammes dévastent principalement les niveaux inférieurs du complexe.
Mais les victimes se trouvent aussi très haut dans la tour.
Certaines sont découvertes dans leur chambre.
D’autres dans les corridors.
D’autres encore dans les voies d’évacuation.
Plusieurs ont tenté de fuir.
Elles n’ont pas été rattrapées par les flammes.
Elles ont été intoxiquées par les fumées et les gaz produits par l’incendie.
Le monoxyde de carbone et les autres produits toxiques de combustion deviennent mortels.
Et à mesure que les secours progressent dans les étages, ils découvrent l’ampleur du drame.
Mais au même moment, une opération de sauvetage extraordinaire commence à se mettre en place.
Un appel à tous les hélicoptères
Vers 7 h 30, les autorités comprennent qu’il faudra des moyens aériens pour sauver les personnes coincées en hauteur.
Un appel est lancé pour mobiliser les hélicoptères disponibles.
Et rapidement, plusieurs appareils convergent vers le MGM Grand.
Des hélicoptères de police.
Des appareils civils.
Et des hélicoptères militaires.
La base aérienne de Nellis se trouve à proximité de Las Vegas.
Ce matin-là, des militaires participent à des activités d’entraînement aérien.
Lorsque la demande d’aide arrive, des appareils sont mobilisés pour participer aux opérations de sauvetage.
La base est contactée au cours de la matinée.
Les premiers hélicoptères militaires décollent peu après leur mobilisation.
Une opération exceptionnelle commence.
Les hélicoptères au-dessus du MGM Grand
Au-dessus de l’hôtel, les pilotes découvrent une scène difficile à imaginer.
Des personnes attendent sur le toit.
D’autres se trouvent aux fenêtres et sur les balcons des étages supérieurs.
Certaines agitent des serviettes ou des draps pour attirer l’attention.
Elles sont trop hautes pour être atteintes par les échelles des pompiers.
Et plusieurs ne peuvent plus traverser les corridors remplis de fumée.
Les hélicoptères commencent à effectuer des rotations.
Ils récupèrent des survivants sur le toit.
Les transportent vers des zones sécuritaires.
Puis retournent chercher d’autres personnes.
Les opérations sont extrêmement délicates.
Les pilotes doivent manœuvrer à proximité d’un immeuble de 26 étages, dans un environnement où la fumée complique la visibilité.
Certains appareils doivent également permettre à des secouristes d’accéder aux étages supérieurs.
Et plusieurs personnes sont coincées sur des balcons que les hélicoptères ne peuvent pas atteindre directement.
Des sauvetages incroyables
Les appareils militaires disposent de moyens de levage permettant de récupérer des personnes en hauteur.
Mais les balcons du MGM Grand présentent une difficulté particulière.
Le toit possède un surplomb qui empêche les câbles de descendre directement près de certains balcons.
Les équipes doivent donc improviser des techniques pour atteindre les survivants.
Lors d’une intervention rapportée dans les récits des opérations aériennes, un membre d’équipage utilise une corde pour rejoindre un balcon du 26e étage.
Cinq personnes y attendent.
Une par une, elles sont installées sur le dispositif de levage et remontées vers l’hélicoptère.
L’opération réussit.
Mais au moment de récupérer le sauveteur, le câble se tend et ses jambes se retrouvent coincées contre la balustrade.
Il est blessé, mais parvient à être récupéré.
Ailleurs, des secouristes transportent des personnes à travers les corridors enfumés pour les conduire jusqu’au toit.
Une femme âgée, en grave difficulté médicale au 22e étage, est notamment prise en charge par un secouriste, puis évacuée par hélicoptère, selon les récits des sauveteurs.
Pendant des heures, les appareils poursuivent leurs rotations.
Le nombre exact de personnes évacuées par voie aérienne varie selon les décomptes et les organismes, mais des centaines de personnes sont secourues grâce aux hélicoptères.
Ces opérations deviendront l’une des images les plus marquantes de la catastrophe.
Le bilan
Lorsque les secours terminent leurs recherches et que le bilan définitif est établi, les chiffres sont terribles.
85 personnes ont perdu la vie.
Des centaines d’autres ont été blessées.
Les bilans publiés varient selon les sources, généralement entre environ 600 et 700 blessés.
La grande majorité des victimes ne sont pas mortes brûlées.
Elles ont succombé aux fumées et aux gaz toxiques.
L’incendie du MGM Grand devient l’une des pires catastrophes hôtelières de l’histoire des États-Unis.
Et une question s’impose rapidement.
Comment un hôtel aussi prestigieux a-t-il pu devenir aussi dangereux?
L’enquête commence
Les enquêteurs examinent les débris du restaurant The Deli.
Ils cherchent à comprendre ce qui a déclenché l’incendie.
Leurs recherches les conduisent vers une installation électrique associée à un présentoir réfrigéré.
L’enquête établira qu’un problème électrique est à l’origine du feu.
Mais l’origine de l’incendie n’explique pas à elle seule les 85 morts.
Les enquêteurs doivent aussi comprendre pourquoi le feu s’est propagé aussi rapidement dans les espaces inférieurs.
Pourquoi la fumée a pu atteindre les étages.
Pourquoi les occupants n’ont pas été avertis plus tôt.
Et pourquoi un établissement aussi important ne possédait pas une protection automatique plus complète.
Les réponses vont soulever des questions particulièrement embarrassantes.
Les gicleurs qui manquaient
Lors de sa construction, le MGM Grand avait été conçu comme un complexe hôtelier de prestige.
Un immense casino.
Des restaurants.
Des salles de spectacles.
Plus de 2 000 chambres.
Le projet avait coûté environ 106 millions de dollars américains.
Pourtant, le bâtiment n’était pas entièrement équipé de gicleurs automatiques.
Certaines parties étaient protégées.
Mais plusieurs zones importantes ne l’étaient pas.
Notamment le grand casino et le restaurant The Deli, où l’incendie avait commencé.
Ce détail est capital.
Parce qu’un système de gicleurs aurait pu intervenir dès les premiers instants du feu, avant qu’il ne prenne une ampleur catastrophique.
Et le plus troublant est que la question avait été soulevée avant même l’ouverture de l’hôtel.
Un avertissement ignoré
Pendant la construction du MGM Grand, les responsables de la sécurité incendie avaient recommandé l’installation d’un système de gicleurs beaucoup plus complet.
Mais les propriétaires avaient jugé le coût trop élevé.
Selon les informations rapportées à l’époque, un système supplémentaire de protection par gicleurs aurait représenté environ 192 000 dollars américains.
192 000 dollars.
Pour un hôtel dont la construction avait coûté environ 106 millions.
Les propriétaires avaient toutefois obtenu une interprétation réglementaire leur permettant de ne pas installer une protection complète dans certaines parties du complexe.
Le MGM Grand respectait ainsi les exigences applicables selon les décisions des autorités responsables du bâtiment.
C’est précisément ce qui rend cette histoire si troublante.
Le fait qu’un bâtiment respecte les exigences réglementaires de son époque ne signifie pas nécessairement qu’il offre la meilleure protection possible.
Et au MGM Grand, cette distinction aura des conséquences dramatiques.
Pourquoi ne pas avoir installé les gicleurs?
Selon les reportages publiés après l’incendie, les responsables de la sécurité incendie avaient recommandé une protection plus complète.
Mais les propriétaires avaient choisi de se limiter aux exigences minimales qu’ils considéraient applicables.
Un ancien responsable de la prévention des incendies du comté de Clark, Carl Lowe, expliquera qu’il avait recommandé l’installation de gicleurs dans l’ensemble du bâtiment dès le début des travaux.
Il racontera que les propriétaires s’étaient surtout préoccupés des exigences minimales du code.
Et des coûts.
Ce choix sera abondamment critiqué après la catastrophe.
Il serait toutefois excessif d’affirmer que les 85 décès auraient tous été évités avec certitude si les gicleurs avaient été installés.
Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est que les enquêteurs et les spécialistes ont identifié l’absence de protection automatique complète comme l’un des facteurs majeurs ayant permis à l’incendie de prendre une telle ampleur.
D’autres défaillances
Les gicleurs ne sont pas le seul problème.
L’enquête met également en évidence plusieurs faiblesses dans la conception et la protection du bâtiment.
Des ouvertures verticales ont facilité la propagation de la fumée.
Certaines voies d’évacuation n’étaient pas suffisamment protégées.
Les systèmes de ventilation ont contribué à transporter les fumées vers différentes parties de la tour.
Le système d’alarme n’a pas permis d’avertir efficacement l’ensemble des occupants.
Et plusieurs espaces n’étaient pas suffisamment compartimentés pour ralentir la progression de l’incendie et des gaz toxiques.
En résumé, le bâtiment possédait plusieurs caractéristiques qui, réunies, ont transformé un incendie localisé en catastrophe majeure.
Ce n’était donc pas simplement une question de feu.
C’était aussi une question de conception, de prévention et de préparation.
Une deuxième tragédie à Las Vegas
L’incendie du MGM Grand provoque une onde de choc.
Les autorités commencent à examiner les exigences de sécurité applicables aux hôtels et aux grands bâtiments.
Mais quelques mois plus tard, un autre drame vient rappeler l’urgence d’agir.
Le 10 février 1981, un incendie frappe le Las Vegas Hilton.
Cette fois, huit personnes perdent la vie.
En moins de trois mois, deux grands hôtels de Las Vegas ont donc été touchés par des incendies meurtriers.
Les autorités ne peuvent plus ignorer les risques.
Le Nevada entreprend un renforcement majeur des règles de sécurité incendie.
Les exigences concernant les gicleurs, les détecteurs, les alarmes et les moyens d’évacuation deviennent beaucoup plus strictes.
Et l’incendie du MGM Grand s’impose comme un événement déterminant dans l’évolution de la sécurité des grands hôtels américains.
Les poursuites
Mais pour les familles des victimes, l’histoire ne s’arrête évidemment pas avec l’extinction des flammes.
Des poursuites sont intentées.
Contre les propriétaires de l’hôtel.
Contre des entreprises ayant participé à sa construction.
Contre des fabricants et fournisseurs de matériaux.
Contre plusieurs autres intervenants.
Les procédures deviennent extrêmement complexes.
Plus de 1 350 réclamations sont regroupées dans une importante procédure de règlement.
Les tribunaux doivent examiner les responsabilités possibles de dizaines de défendeurs.
Certains sont accusés d’avoir contribué à la propagation du feu.
D’autres d’avoir fourni des matériaux qui auraient augmenté la toxicité des fumées.
D’autres encore sont visés en raison de décisions liées à la construction et à la sécurité du bâtiment.
Au fil des années, les règlements judiciaires atteindront environ 223,4 millions de dollars américains, selon une décision fédérale de 1987.
Ce montant correspond à l’ensemble des règlements comptabilisés dans cette procédure.
Il ne faut donc pas le présenter comme une somme que MGM aurait été condamnée à payer seule à la suite d’un procès unique.
Il s’agit d’un vaste ensemble d’ententes impliquant plusieurs parties.
Reconstruire le MGM Grand
Pendant ce temps, les propriétaires prennent une décision importante.
Ils vont reconstruire l’hôtel.
Malgré les 85 morts.
Malgré les poursuites.
Malgré l’immense couverture médiatique.
Le MGM Grand va rouvrir.
Mais il ne peut évidemment pas le faire dans les mêmes conditions.
Le complexe est modernisé.
De nouveaux systèmes de gicleurs sont installés.
Les détecteurs et les alarmes sont améliorés.
Un système centralisé de surveillance et de contrôle est ajouté.
Les voies d’évacuation et les dispositifs destinés à limiter la propagation de la fumée font également l’objet de travaux.
Les reportages de l’époque évaluent à environ 50 millions de dollars les travaux nécessaires à la remise en état et à la réouverture du complexe.
Et le 30 juillet 1981, un peu plus de huit mois après l’incendie, le MGM Grand accueille de nouveau ses clients.
Les chambres sont occupées.
Le casino reprend ses activités.
Les spectacles recommencent.
Las Vegas continue de vivre.
Mais l’histoire de cet hôtel a changé pour toujours.
Un hôtel qui existe encore
En 1986, le complexe est vendu à Bally Manufacturing.
Il prend alors le nom de Bally’s Las Vegas.
Pendant des décennies, il demeure l’un des grands hôtels du Strip.
Puis une nouvelle transformation survient.
En 2022, l’établissement devient Horseshoe Las Vegas.
L’hôtel où s’est produit l’incendie de 1980 existe donc toujours, mais sous une autre identité.
Et des milliers de visiteurs y passent chaque année sans nécessairement connaître l’histoire de la catastrophe.
Conclusion
Le 21 novembre 1980, un incendie commence dans un restaurant du MGM Grand.
En quelques minutes, les flammes gagnent une partie du casino.
La fumée envahit les étages.
Des centaines de clients se retrouvent coincés dans un hôtel où plusieurs systèmes essentiels de prévention et de protection se révèlent insuffisants.
Des hélicoptères sont mobilisés.
Des centaines de personnes sont secourues.
Mais 85 personnes perdent la vie.
L’enquête mettra notamment en évidence l’absence de gicleurs dans des secteurs importants, les faiblesses du système d’alarme et les nombreux chemins permettant à la fumée de se propager dans la tour.
Et l’un des détails les plus troublants restera ce montant.
192 000 dollars.
Le coût supplémentaire rapporté pour une protection par gicleurs plus complète dans un complexe construit au coût d’environ 106 millions de dollars.
Il n’est pas possible d’affirmer que cet investissement aurait nécessairement empêché les 85 décès. Mais les enquêtes ont montré qu’une protection automatique plus complète aurait pu limiter la propagation du feu.
L’incendie du MGM Grand demeure ainsi un exemple particulièrement marquant d’une réalité que les entreprises ont parfois tendance à oublier.
Respecter les exigences minimales n’est pas toujours suffisant pour prévenir une catastrophe.
Parce que lorsqu’on décide d’économiser sur la sécurité, on ne connaît jamais à l’avance le véritable prix de cette décision.
Et dans le cas du MGM Grand, ce prix a été tragiquement élevé.
85 personnes ne sont jamais rentrées chez elles.
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Références
Cet article a été rédigé à partir de plusieurs sources historiques, gouvernementales et spécialisées, notamment le rapport du Clark County Fire Department sur l’incendie du MGM Grand, des documents et archives liés à la sécurité incendie aux États-Unis, des publications de la National Fire Sprinkler Association ainsi que des archives médiatiques consacrées à la catastrophe et à ses conséquences.
